Un continent entier à portée de regard...
Le musée du quai Branly abrite l’un des plus importants fonds d’arts africains au monde, avec près de 70 000 objets en provenance du Maghreb, d’Afrique subsaharienne et de Madagascar. Sur environ 1200 m2, le visiteur accède à un millier d’oeuvres d’une richesse et d’une variété exceptionnelles, pour la première fois réunies en un seul et même lieu, permettant ainsi une relation féconde entre les styles, les cultures et les histoires.
Elaborée à partir de 1999 par un groupe de travail réunissant des équipes du musée de l’Homme et du musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie, la muséographie des collections africaines
propose deux approches au visiteur : un parcours géographique, qui invite à un voyage à travers le continent du Nord au Sud ; un parcours plus thématique,permettant de découvrir les oeuvres et de
les envisager selon leurs usages et leurs techniques de réalisation. Cette approche bénéficie d’espaces d’exposition particulièrement originaux: les nombreuses « boîtes » en saillie sur la façade
nord forment autant de petits cabinets d’étude consacrés à une famille d’objets ou à un thème, la divination par exemple. Plusieurs partis pris essentiels contribuent par ailleurs à faciliter
l’appréhension des oeuvres et de leurs significations, l’histoire de la région concernée et celle de ses contacts avec les autres cultures. La contextualisation fait appel, sous forme de cartes,
d’extraits de récits de voyages et sur des supports multimédia, à de très nombreux documents audiovisuels et photographiques.
Le parcours géographique des collections africaines débute par l’Afrique du Nord, avec un espace organisé en trois pôles. Le premier présente les arts citadins, à travers du mobilier et des broderies d’une grande richesse. Le deuxième s’intéresse aux arts ruraux, où prédominent les tapis, la vaisselle de bois, les poteries et les bijoux, avec de nombreux objets issus de la très méconnue culture berbère. Le troisième, enfin, est consacré aux arts nomades et à leurs liens avec les civilisations rurales et l’Afrique subsaharienne. Des vitrines thématiques assurent la liaison et la transition entre ces pôles, où l’accent est mis, notamment, sur l’histoire et la préhistoire, l’expression du sacré (illustrée par des tablettes coraniques et hébraïques), le mariage, les mythes, les jeux…
Le parcours continue avec les collections d’Afrique subsaharienne, dont le coeur est constitué par des oeuvres du Mali, de Côted’Ivoire, du Nigeria,du Gabon et du Congo. Deux transversales rassemblent dans cet espace les textiles et les instruments de musique issus de l’ensemble du continent et classés par techniques tout au long du parcours. La galerie principale est traversée par une grande séquence statuaire illustrant les multiples variations dans la représentation du corps que connaît cette région du monde. Parmi les autres temps forts de cette zone, la place donnée aux « sociétés des masques » ou à l’évocation de la mission Dakar-Djibouti conduite par Marcel Griaule et considérée comme le point de départ de l’ethnologie française. Les arts et cultures d’aujourd’hui sont aussi évoqués grâce au support multimédia proposant un dialogue entre passé et présent. Le parcours se poursuit par une troisième partie consacrée à l’Afrique équatoriale, centrale et australe, ainsi qu’à Madagascar. Les collections d’Afrique équatoriale sont particulièrement anciennes : à l’origine du musée d’ethnographie du Trocadéro, elles proviennent de missions célèbres, comme celles de Pierre Savorgnan de Brazza à la fin du XIXe siècle. Les collections d’Afrique centrale, orientale et australe ont fait l’objet d’une attention particulière en terme d’acquisitions. L’Ethiopie est présente au travers d’un ensemble rare de fresques rurales exceptionnelles de la région de Gondar, rapportées par Marcel Griaule.Cet espace fait cohabiter un christianisme très ancien avec les pratiques animistes.
Cameroun - Le Legs Harter
La collection léguée par Pierre Harter (1928-1991), médecin et grand spécialiste des arts du Cameroun, constitue une précieuse contribution au patrimoine du musée du quai Branly et occupe à ce titre une place privilégiée entre ses murs. Le legs Harter comporte une cinquantaine de pièces –masques et sculptures– intéressantes, dont certaines s’avèrent exceptionnelles. La succession stipule par ailleurs que la collection ne peut être exposée que dans son intégralité : un espace lui a donc été spécifiquement consacré au sein du musée.
carrefour aux multiples influences...
Le musée du quai Branly a choisi d’exposer les oeuvres provenant d’Océanie selon un parcours géographique, tout en déclinant un ensemble de thématiques liées aux régions du Pacifique présentées. Les visiteurs découvrent ainsi des objets de Mélanésie, Polynésie, Australie et Insulinde issus des collectes historiques menées par les voyageurs au XIXe siècle, des missions ethnographiques et d’une politique d’acquisitions visant à enrichir les collections d’oeuvres majeures.
La collection consacrée aux Amériques comporte plus de 900 objets, exposés dans 65 vitrines, ainsi que des systèmes multimédia.
Le parcours Amériques propose trois séquences : l’Amérique du XVIIe siècle à nos jours, la «Transversale des transformations », qui présente la singularité de l’objet amérindien, et l’Amérique avant les conquêtes.
Ce parcours présente les plus riches collections du musée en trois parties : l’Amérique récente et actuelle répond à l’Amérique précolombienne de part et d’autre d’une réflexion sur l’identité de l’objet, reflet de l’unité et de la singularité amérindienne.
Ces séquences sont reliées par une «Transversale des transformations » qui met en lumière, sous un angle thématique, une grande constante de la pensée des populations amérindiennes, à travers tous les âges et à travers le continent.
Les objets, à travers le jeu des couleurs, des matériaux et un balancement subtil entre figuration et abstraction, évoquent les préoccupations majeures des sociétés amérindiennes : veiller à l’équilibre du monde, constituer ou affirmer son identité.
Un kaléidoscope révélateur de la diversité du continent...
Les collections d’Asie, d'environ 58 000 objets, apportent un éclairage sur des sociétés contemporaines et constituent de précieux témoignages sur un nombre considérable de populations souvent oubliées. Pour la plupart du 19ème et surtout du 20ème siècle, elles sont complémentaires de celles des musées du Louvre et de Guimet, consacrés aux grandes civilisations anciennes.
Le choix muséographique s’est porté sur l'évocation de quelques grands thèmes majeurs et non sur une présentation généraliste de cet immense continent représentant aujourd’hui plus de la moitié de la population mondiale, et où l'on dénombre plus de deux mille langues vivantes. L’exposition permanente invite à la découverte et à la compréhension du mode de vie, du savoir-faire, des coutumes et des croyances de ces innombrables sociétés. Près de 850 artefacts, objets usuels ou religieux, armes et parures, costumes et éléments architecturaux, servent ce propos.
Suivant un itinéraire est-ouest du continent, le parcours muséographique s’organise autour d’une travée centrale composée de quatre grandes vitrines de costumes évoquant ces nombreuses populations. Ce riche ensemble illustre la diversité des cultures du continent asiatique, mais aussi la vie sociale, l’art et sa symbolique, les modes vestimentaires du passé et du présent. En résumé, l’histoire des peuples de ce continent.
Autour de ce « fil d’Ariane » se déploient des ensembles consacrés à des thèmes spécifiques. Le public peut ainsi découvrir les décors au pochoir du Japon, les traditions chamaniques sibériennes, les cultures villageoises de l’Asie du sud-est, les diverses formes du bouddhisme, la Chine des Han et des minorités miao ou dong. Mais aussi, les mythes et rites en Inde, les nomades et les sédentaires en Asie Centrale, le langage de la parure et la symbolique des armes au Moyen-Orient, la civilisation du désert en Arabie. Ces présentations illustrent les contacts et les échanges, les évolutions et les transformations des peuples d’Asie trop souvent perçus comme figés dans une culture traditionnelle hors de l’histoire.
D'autres ensembles révèlent l'homogénéité du continent, les points communs des cultures asiatiques : le théâtre d’ombres que l’on retrouve aussi bien en Chine, en Inde, en Thaïlande et en Syrie; comme les textiles ikatés produits dans le sud-est asiatique mais aussi en Inde, en Asie centrale, en Syrie et au Yémen.
Un module, consacré à l’écriture et à l’oralité, présente différents types d’écriture : pictographique, chinoise, indienne et arabe, ainsi qu'un programme sonore. Il révèle l’extraordinaire richesse des traditions orales des populations sans écriture, mais aussi la place que tient encore l’oralité aujourd'hui dans le monde arabe.
Des écrans multimédias ponctuent l’espace et renseignent le public sur le chamanisme sibérien, les visages de la Déesse en Inde, le sacrifice du buffle, le riz, l'art textile, la genèse des monothéismes…
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Aquatupenses ?